Mission 2015 s’en vient!

Batwa femme et enfantDepuis août 2014, nous sommes dans les préparatifs de notre 5e mission au Burundi.

FDOB a innové avec une fluoroscopie en 2012, qui a presque fait le tour du monde avant de se rendre au Burundi! Le voyage a été long, mais la fluoroscopie est bien arrivé et elle fonctionne depuis ce temps.

Nous avons pu effectuer des chirurgies de la hanche plus facilement avec cet appareil.

Pendant notre absence, les chirurgiens qui utilisent notre matériel se servent également de la fluroscopie. Il y a une continuité toute l’année, même les 6 mois ou nous sommes absents.

Depuis notre retour fin mai 2014, le travail a repris ici au Canada. Maintenant le temps presse pour envoyer notre prochain container le 21 octobre 2014. Il devrait arriver par bateau début janvier 2015.

Nous serons établi davantage à Ruyugi, ce petit village ou se trouve l’hôpital Rema ou nous pouvons travailler sans contraintes.

Tout le monde nous attend et il y aura un roulement  d’expatriés tout au long de la mission qui se joindront à nous pour travailler. Cet hôpital est maintenant partenaire avec l’hôpital Ste Justine de Montréal, Québec.  De grands défis attendent autant ceux qui y viendront travailler que le personnel médical en constant apprentissage. Nous nous rendrons à Bujumbura, la capitale,  aléatoirement une fois par mois pour y travailler et aller se reposer un peu à la plage!

La Cie Tornatech nous appuie toujours dans notre projet et nous sommes très heureux de leur confiance. Ils nous donne énormément de support , et d’encouragement  C’est toujours agréable de rencontrer  les employés de Tornatech qui sont sensibles à notre projet. Nous avons l’impression que l’on fait partie de la Famille Tornatech.

( www.tornatech.com)

La mission commence bientôt et d’autres nouvelles viendront.

 

 

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Mission 2014: Année de restructuration et d’innovation

Depuis notre arrivée en décembre 2013, nous avons travaillé  sur la façon ou nous pourrions être plus efficace dans les hôpitaux. Gros défis !

Nous vivons souvent plein de frustrations: le travail n’est pas efficace, personne n’est motivé ou presque dans le travail. Bien que c’est un peu comprenable avec le salaire qu’il gagne. Nous devons sans cesse leur donner des bonus pour qu’il puisse travailler . Parfois nous réussissons à faire 2 chirurgies par jour ! Ici au Burundi, la santé n’est pas une priorité. L’argent, si elle ne va pas dans les poches de la corruption s’en va pour construire des terrains de football. Tout ceci dit, nous avons à coeur la santé de la population pauvre, car nous croyons toujours que c’est par la santé et l’éducation qu’un pays s’épanouit.

C’est drôle à dire, mais c’est dans la capitale à Bujumbura que le travail boite le plus. Lorsque nous allons en région à l’hôpital Rema de Ruyugi, tous le personnel du bloc et des départements travaillent fort et ne compte pas leur heures. Ils ont une conscience sociale de bien soigner leurs pairs.

Deux amis visiteurs sont venus travaillés pour FDOB. Ils ont passés 2 semaines chacun.

Dre Danielle Desloges voulait apprendre la technique du Clou de Sign et traiter des enfants avec pieds bots. Nous avons bien apprécié sa visite , tout en faisant notre jogging plusieurs fois par  semaine avec elle. C’est une marathonienne.

Dr. Guy Grimard, orthopédiste pédiatrique  de l’hôpital Ste- Justine nous a apporté beaucoup par son expertise, ses conseils. Nous avons pu traiter et opérer avec lui des pieds bots compliqués, deux enfants avec Ostéogénèse Imparfaite (Maladie  des os de verre). L’Ostéogénèse Imparfaite est une fragilité excessive des os dû à un défaut congénital. Le traitement pour ces enfants qui en sont atteints est  une grande première au Burundi !

Nous avons reçu en don de la Cie Pega Medical de Montréal : le Clou Fassier- Duval. C’est un clou intra-médullaire  qui allonge lorsque l’enfant grandit. Ce clou est d’une gracieuseté de M. Ariel Adujovne , Dr. François Fassier et Dr. Pierre Duval. Ils nous ont envoyé les clous pour 2 enfants et avant de partir en novembre 2013 nous ont offert l’instrumentation. Ces deux enfants ont été opéré par Dr. Guy Grimard et nous étions ses assistants. Quel beau travail! Nous sommes très fiers pour les enfants qui ont pu bénéficier de ce clou dans chacun de leur fémur. Maintenant, Dr. Grimard partie, nous ferons leurs autres fémurs dans 1 mois environ. Ils pourront éventuellement marcher sans briser leur os comme du verre. Toujours des défis et des innovations, il y a tant à faire…

Dr. Guy Grimard (à gauche) après la chirurgie de Kenny atteint d’ Ostéogénèse Imparfaite. Ce fût un honneur de travailler avec lui. Christopher, Dr. Valentin, Divine et Danièle.

Plus tôt cette semaine, de fortes pluies avec inondations ont affectées Bujumbura et la région rurale en allant vers Gitega. De grosses roches , cailloux, sable et eau descendait des montagnes. Plusieurs personnes ont été emportées par ce flot de rivière qui descendait sur la route. Beaucoup de dommage: maisons écroulées, pertes d’enfants, accidents de voiture, de piétons, etc.

Nous avons reçu un patient , David de 35 ans hier . Son histoire est qu’il est camionneur de métier et qu’il revenait à Bujumbura losque la pluie a commencé. Il a arrêté son véhicule au rebord de la route, pour aller voir à pied à quel endroit il pourrait passer avec son véhicule. À ce moment il a été emporté par une vague d’eau qui descendait de la montagne avec de grosses pierres. Il s’est retrouvé écrasé par une grosse roche et sa jambe droite était fracturé et ouverte.  Il avait été transféré dans un autre hôpital avant de venir nous voir, 4 jours après. Sa jambe avait un odeur nauséabonde , était plein de pus, de sable et de boue. Les os de la cheville étaient morts et en morceaux. Nous avons dû expliquer au patient et à sa famille qu’il devait être amputé.

Il était chagriné.  » je suis camionneur,mon employeur ne voudra plus de moi, car je n’ai plus de pied !  je dois me marier en juillet, ma fiancée ne voudra plus de moi! »  Sa vie vient presque de s’arrêter là. Tout a soudain bousculer pour lui. Les larmes lui coulaient le long de son beau visage, il parlait très bien français.  Une main sur son épaule , je dois dire que notre  empathie a cédé pour la compassion et les émotions. Quoi dire : C’est la vie!, mais la vie n’est pas juste ! Nous espérons tout de même , qu’après 2 mois de guérison de son moignon, il pourra avoir une prothèse et marcher avec et ainsi pouvoir travailler. Que de malheur parfois au Burundi ! Nous trouvons qu’il y en a beaucoup.  J’ai regardé mon Amoureux et lui ai dit : On est chanceux ! Je n’avais pas autre chose à dire. Il était 21:00 et  c’était la St-Valentin. Nous sommes rentrés à la maison….

La semaine prochaine , nous retournons chez les Pygmées pour leur donner des vêtements que Françoise Goupil de Tornatech et les employés ont envoyés du Canada. Ce sera une autre histoire.

Danièle et Christopher !

 

 

 

 

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Campagne de Financement juin 2013

Le 19 juin 2013 , à Montréal chez Tornatech notre première campagne de financement pour FDOB était lancé. Cette campagne fut un grand succès, grâce aux organisateurs qui ont travaillés 1 mois avant notre arrivée du Burundi pour tout mettre en place et inviter tout ces gens qui nous ont donné un réel support pour ainsi amorcer notre mission 2014. L’animateur de la soirée M. Bruno Goupil, président de Tornatech, a fait une présentation sommaire des fondateurs de FDOB ainsi qu’un bilan de nos activitées depuis sa création .

FDOB ( Christopher et Danièle ) ont fait une présentation power point du travail au Burundi . M. Barnabé Karorero co-fondateur était absent, faute de n’avoir pu avoir un visa à temps pour venir.

Plusieurs confrères et consoeurs qui sont venus travailler  de janvier à juin 2013 étaient présents à la soirée. Ils ont été présenté à tour de rôle et remercié pour leur  grande implication. Ils ont pu discuter avec les invités de leur expérience au Burundi.

M. Guy Carbonneau,  joueur de hockey professionnel était notre invité d’honneur. Il a été interviewé par Dr. Etienne Leclerc, orthopédiste en médecine sportive.  M. Carbonneau a lui-même subit 2 arthroplasties aux 2 hanches . Il a parlé de son expérience.

Ce fût une belle soirée avec plus de 110 persones qui se sont déplacées pour nous !

Merci sincère à vous tous. Ce fût très émouvant. Nous vous fournirons un bilan de nos activitées 2014.

Merci aussi très particulièrement à Bruno et Françoise Goupil de Tornatech, Dary et Marlene Laflamme de Boscus, qui ont été les organisateurs du début à la fin. Aux employés de Tornatech : Dominique, Marc, Mélissa, Caroline et beaucoup d’autres qui ont travaillés  et contribués à ce que cette soirée soit un succès.

 

UN DON PARTICULIER DE LA SUÈDE:

Nous voudrions souligner que nous avons reçu un don  de Mme Fransson Birgitta de Orebro, Suède au printemps 2013. Nous avons utilisé son don pour plusieurs patients. Entre autres, nous avons pu acheter des prothèses à deux patientes qui avaient subi des amputions. Une patiente a été victime d’un accident de la route après que leur véhicule ait manqué de freins et s’est mis à dévaler la pente par derrière. Cette dame de 32 ans, s’est fait arraché les 2 jambes par l’Impact. Elle a dû subir l’amputation de ses 2 jambes. Elle a été opéré par deux chirurgiens visiteur Dr. Christian Loranger et Dr. Danielle Desloges et deux infirmières du bloc opératoire de l’hôpital Charles Lemoyne à Montréal, Louise Cardinal et Maryse Mainville.

Jeanne après guérison de ses 2 moignons, va aller à l’institut de réadaptation de  St- Kizito pour faire la rééducation avec ses nouvelles prothèses que l’orthésiste lui a fabriqué. Le Centre de St-Kizito est dirigé par la Croix rouge International avec des Burundais certifiés en réadaptation.

Tous les frais sont payés par Mme Birgitta. Cette dame, a aussi contribuer pour une autre patiente qui avait besoin de rééducation ainsi qu’une prothèse pour sa jambe droite , après un accident ou elle était passagère sur un vélo.

Mme Birgitta a aussi payer à la fabrication  d’une botte et à la  rééducation de notre patient Fidel, que nous suivons depuis 2 ans maintenant. Voici la photo de la botte:

 

 

MERCI BEAUCOUP Mme Birgitta, vous avez changé et amélioré la vie de ces patients.

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LES VISITEURS de Janvier à Juin 2013

 

Depuis notre arrivée au Burundi , il y a 2 mois et demi, nous avons eu la chance d’avoir beaucoup de visiteurs du Canada et d’autres pays qui sont venus travailler avec nous .  Chacun et chacune avait une grande expertise,

beaucoup d’expérience et d’idées nouvelles. Nous apprécions grandement tous les moments qu’ils passent ici . Ce sont vraiment tous des gens formidables , qui apportent beaucoup aux patients, aux résidents, aux anesthésistes et aux infirmières par leur grande expérience et leur sens pédagogique. Merci à l’équipe Canadienne : Dr. Christian Loranger, Dr. Danielle Desloges, son mari, Dr. Jean -Marc Dansereau, Louise Cardinal et Maryse Mainville qui ont fait vivre à tous une expérience extraordinaire ! Nous gardons de très beaux souvenirs de vous tous !

Merci aussi à Dre Michelle Foltz, Dre Judy Forbes , Liisa qui, même avec un problème de communication ( unilingue anglophones) , se sont très bien débrouillées. Elles ont surtout travaillé à Ruyigi.

Merci à Dr. Ben Bessette, sa conjointe Mélissa qui ont apporté beaucoup aux patients ainsi qu’aux résidents et  anesthésistes. Leur expertise et leur méthode de pédagogie ont été très bénéfiques. Merci aussi de votre support financier.

Merci à Dr. Jean-François Joncas: son court séjour n’est pas passé inaperçu. Beaucoup le regrette ici et nous en parle tous les jours. Son calme, son assurance et ses connaissances ont apporté beaucoup aux résidents.

Merci très sincère à Françoise et Brunol Goupil pour leur belle visite . Françoise s’est intégré à la chirurgie sans problème. Depuis sa retraite, elle n’a pas perdu la main! Tant qu’à Bruno , notre beau-frère nous étions très surpris qu’il vienne en salle d’opération pour offrie leur aide ! Il s’est découvert un nouveau créneau ! Merci pour votre précieuse aide, vos conseils et votre support financier de Tornatech. Lorsque nous avons des gens qui croit en notre projet, cela nous donne encore davantage de motivation à le continuer.

Bruno, Marlène et Dary Laflamme se sont bien amusés avec les enfants lors de nos tournées des malades! Ils étaient bien intéressés par notre travail et maintenant Dary comprend bien la technique du Clou de Sign. De personnes généreuses, simples et chaleureuses. Merci infiniment à vos deux également pour votre support financier. Vous croyez en notre projet, cela nous a fait chaud au coeur.

D’autres visiteurs viennent en  mai et juin. C’est vraiment agréable de travailler avec des équipes qui apportent une autre dimension à notre mission , des idées nouvelles et une belle complicité de travail. Les Burundais en bénéficient beaucoup.

Nous avons aussi intégrer  un médecin Burundais qui travaille avec nous tous les jours . Ils nous aident dans les chirurgies, les suivis aux patients, la traduction en kirundi, etc. Valentin est très énergétique et travaille très bien. Il est d’une aide précieuse pour nous. Nous l’aimons bien.

 

Nous avons reçu notre fluoroscopie le 5 avril! Grâce encore à Tornatech et toute son équipe !

MERCI ! MERCI!

 

 

Karl et Hélène, Valentin, Alexis et Clarisse.

Karl et Hélène en pleine chirurgie de laminectomie. Une première pour FDOB !

 

Un chirurgien (Karl) réfléchissant….. au bord du Lac Tanganyika.

À bientôt,

Danièle et Christopher

 

 

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Avant le départ pour la Mission 2013 !

Depuis notre retour fin mai 2012, nous avons mis toute notre énergie pour trouver du matériel, de l’équipement ( don des hôpitaux), acheter aussi d’autre équipement avec le don reçu par l’Association d’Orthopédie du Québec. Ce fut très apprécié. Nous sommes dans les préparatifs pour envoyer tout ce matériel qui pourra encore aider des centaines de patients du Burundi. Notre mission débutera le 15 janvier. Plusieurs experts chirurgiens , anesthésistes , médecins, infirmières se joindront à nous aléatoirement en venant passer quelques semaines ou mois avec nous. Nous sommes très contents de l’intérêt de ces personnes pour notre projet.  Nous allons avoir une autre mission différente mais sûrement très intéressante et enrichissante. Tout en ayant toujours pour but, de traiter les patients avec des méthodes modernes afin qu’ils puissent retrouver leur autonomie et leur dignité.

A bientôt… une autre aventure à suivre.

Danièle et Chris

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Profession: Mendiant

Nous réalisons de jour en jour que le travail n’est pas facile . Les standards ne sont pas maintenus, il faut sans cesse répéter de nouveau et surveiller tous les petits détails en salle d’opération. Cela nous demande une énergie supplémentaire. C’est certain que nous n’arriverons jamais à travailler comme chez nous au Canada. Mais il faut quand même respecter des principes de base.

Le manque de matériel dans les salles d’opération; tout nous est donné au compte-goutte à partir des champs stériles désuets jusqu’au sérum physiologique et sparadrap. Nous sommes bien chanceux d’avoir tous nos plateaux d’instruments et notre matériel : plaques, vis, clous I.M. de SIGN, clou de kuntschner, prothèse de Moore, prothèse totale de la hanche, base d’ortho, broches à os, fixateur externe, Ilizarov, garot, gants,ouate pour plâtres, etc.

nos boites de matériel chirurgical.

Nous avons effectué notre première prothèse totale de la hanche cette semaine, chez un patient de 55ans qui avait une très bonne santé , mince, non fumeur. Nous avions les bonnes conditions pour l’opérer. La salle d’opération a été désinfecter au formol avant l’opération et tout a été sous “haute surveillance”.  L'équipe de la PTH

L’équipe de la PTH .

Il y avait 3 chirurgiens pour une infirmière. Un bon défi ! L’équipe qui nous a aidé a été bien averti de ne pas quitter la salle avant la fin de l’opération, y compris l’anesthésiste !

À gauche: Dr. Eissa , chirurgien orthopédiste, Dr. Carter, chirurgien orthopédiste, et à droite : Danièle , infirmière et Dr. Mohammed Attar, chirurgien orthopédiste.

Tout s’est bien déroulé pour la première fois et nous espérons faire encore mieux la deuxième fois avec des petits ajustements.

La deuxième prothèse se fera la semaine prochaine dans la 2e nouvelle salle d’opération où nous travaillons au CMCC. Là où est installé notre machine d’anesthésie que nous avons apporté du Canada et qui est en fonction depuis 1 semaine.

Ce don est de notre ami Jacques et son équipe qui travaillent à l’Hotel Dieu de Montréal. Un grand Merci.

Dr. Shabani, anesthésiste en train de tester l’appareil d’anesthésie du Canada avec Alexis, technicien anesthésiste.

Le plus grand nombre de chirurgies que nous effectuons sont à l’hôpital Prince Régent Charles. C’est un très grand hôpital public ou le département d’orthopédie est toujours à pleine capacité. Des cas de toutes sortes; les gens sont dans des dortoirs de 20 personnes. Les malades y restent longtemps, car la plupart ne peuvent payer leur facture de séjour à la sortie, alors ils sont gardés à l’hôpital. Et la facture augmente….???

Cet hôpital est devenu une communauté frétillante. Les familles qui accompagnent les patients s’occupent d’eux, ( ( ils s’appellent des gardes-malades)  cuisinent les repas dehors sur charbon de bois, les femmes font le lavage et sèche les vêtements sur les cordes à linge de fortune,

 

les cordes à linge de l'hôpital

d’autres prient à haute voie en lisant la Bible, les enfants affluent de partout: ils courent, jouent , sont allaités et d’autres pleurent. Les hommes sont assis et jouent aux dames ou jasent tout simplement. C’est tout de même beau à regarder. Il y a la “cafétéria “ où l’on peut manger un bon repas de riz, légumes, haricots pour 1000 franc BU ( à peine 75 sous) .Toute une aubaine! Et c’est délicieux. On a même bu du jus de pommes fait maison pour 700 Franc BU!

C’est à cet hôpital que nous avons rencontré notre patient Fidel.

Profession: mendiant . Il a 20 ans et il y a 6 ans , il est tombé dans un feu suite à une crise d’épilepsie. Il s’est brûlé les 2 pieds et jambes et a eu pour conséquence une contracture du pied et cheville gauche qui n’est pas joli du tout. Il marche sur son talon avec une béquille depuis ce temps et il a une plaie depuis des années de sa cheville-pied ou il manque de la peau.

 

Christopher et moi l’avons croisé par hasard et interpellé, car nous étions curieux de savoir ce qu’il venait faire à l’hôpital. En fait, il venait se faire amputer le pied car il était fatigué que cette plaie coule , et vivant dans la rue, croyez nous ce n’est pas pratique.

Chris et moi sommes regardés dans les yeux et nous nous sommes dit qu’il fallait faire quelque chose. Premièrement, nous lui avons fait passé une radiographie de son pied et par la suite avons décidé de le prendre en charge médicalement et monétairement en lui payant ses frais de radiographie, chirurgie, et frais d’hospitalisation. Nous l’avons fait venir à Ruyigi à l’hôpital Rema, par autobus. À son arrivée il n’avait que ses vêtements sur lui et avait fait un effort pour emprunter des vêtements propres .  En tout cas, lui, n’a pas une grosse empreinte écologique!!  À cet hôpital les patients sont très bien soignés et ont un repas par jour gratuitement. Et nous savions qu’il serait bien encadré par l’équipe médicale lorsque nous ne sommes pas là. Comme chirurgie, c’était tout un défi ici en Afrique: Nous lui avons fait un cross leg flap ( lambeau de jambe croisé) . Ce qui veut dire que nous avons transféré de la peau saine de sa jambe gauche et attaché à sa jambe droite pour 3 semaines avec un fixateur externe. Alors voici ce que cela donne:

 

Les épileptiques sont rejetés par leur famille car elle pense que ces personnes sont un mauvais sort pour eux.

Cette semaine nous allons à Ruyigi et le réopérerons de nouveau en lui détachant la jambe. Nous avons aussi engagé un garde malade pour s’occuper de lui , car il n’a pas de famille: pour le laver, lui apporter son repas et le mettre dans une chaise roulante pour prendre l’air de dehors etc. Nous avons bien hâte de le revoir cette semaine. Il nous donne l’impression d’être comme un enfant sauvage. Il ne sait pas trop quoi faire avec toute cette nouveauté qui s’offre à lui. Il n’a jamais eu d’affection, et ses émotions sont imprévisibles. Petit à petit il nous dit quelques mots en français et est très content de nous revoir chaque fois. Mais il faut l’apprivoiser doucement. Il est très attachant. Nous l’aimons beaucoup , nous lui apportons des petits extras à son repas journalier: sucre pour mettre dans son lait, beignets, pain et quelquefois de la viande. Il mange avec appétit . La  psychologue Joseline l’a rencontré et nous a traduit du kirundi au français qu’il était ouvert à des changements de vie meilleure. S’il le désire , il pourrait demeurer à la Maison Shalom et y apprendre un métier.

 Ruyigi, c’est l’hôpital de la Maison Shalom ou Maggy Barankitse a receuilli tous les enfants de la guerre et aujourd’hui encore , les enfants de la rue, en leur apprenant un métier , soit de mécanicien, menuiserie, couturier, plombier ou électricien. Son école de métier est ouverte à ces personnes indigentes.

Alors s’il veut changer de vie, ce pourrait ¸être une belle opportunité. Le temps nous le dira.

 

À date depuis notre arrivée fin décembre 2011, nous avons fait tout près de 170 chirurgies et 18 clous Intra-Médullaire de SIGN.

Dernièrement nous avons opéré Lazard, 30 ans. Il s’est fait frappé par une voiture lorsqu’il était en vélo. Il est arrivé à l’hôpital avec 2 fractures de ses fémurs et une fracture bi-malléollaire de la cheville gauche. Nous lui avons mis 2 clous de SIGN dans ses fémurs et plaques et vis dans la cheville. Le voici 6 jours après son opération:

Voici une photo de « nos enfants  » de Gakwende. Ils habitent ce village qui est dans les montagnes où se situe le Centre d’Enfants Handicapés. Nous les visitons à chaque année pour faire une clinique. L’an passé nous avions promis au Pasteur Nataniel d’opérer quelques enfants avec des pieds bots. Nous en avons opérer 4 le mois dernier et avons fait les suivis médicaux  et changement de plâtres ce mois-ci. D’autres sont venus pour passer les radiographies dans le but d’être opérer l’an prochain . Le Pasteur qui s’occupe de ce centre avec sa femme a très peu de ressources. Ils cultivent la terre afin que les enfants puissent manger, ils doivent transporter l’eau et n’ont pas l’électricité . Ils vivent dans un milieu plus que modeste. C’est peut-être cela la simplicité non volontaire !

Led engants de Gakwende venus à l'hôpital Rema pour suivi médical

Nous remercions toutes les personnes qui nous aident à la réalisation de notre projet autant ici au Burundi qu’au Canada. Particulièrement Barnabé le co-fondateur de notre Fondation. Barnabé travaille dans l’ombre pour nous trouver des solutions  et fait tout son possible pour qu’elles se réalisent. Il connait tous les rouages politiques et économiques   de son pays. Ce qui nous facilite beaucoup la tâche comme expatriés. 

 

Demain nous partons pour Ruyigi, retrouver nos amis Français et notre équipe médicale, et  aussi manger le bon pain de la Boulangerie Le Péliquan, c’est le meilleur dans tous le pays! Et aussi nous avons découvert comment poussait les ananas en Afrique ! Ce n’est pas dans un arbre ! Voici des  photos : C’est de toute beautée !   

Nous attendons de la visite du Canada le 29 avril : Dr. Karl Fournier, orthopédiste et sa femme Hélène, infirmière. Bienvenue !!

Danièle et Christopher

 

 

 

 

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LA VIE QUOTIDIENNE

 

lever de soleil à Bururi.

Nous aimons beaucoup  notre travail ici et parfois avec un peu trop de témérité. Nous nous sommes rendu compte que l’on travaillait souvent 6 jours sur 7 depuis quelque temps avec de longues journées.Mais le travail est très stimulant et encourageant. Il y a tant de chirurgies de toutes sortes et de patients qui attendent dans les lits.  Lorsque l’on en opère un , il y a les autres qui attendent et qui nous supplient de leurs yeux… en espérant que l’on s’occupera de leur cas. Le problème est toujours la caution. Le patient n’a pas l’argent pour payer les 100,000 Francs bur ( = $75.00 dollar canadien)  pour lui permettre de rentrer en salle d’opération. Il y en a des dizaines  et des dizaines qui font face à cette situation. Ils attendent de trouver l’argent d’un parent, d’un voisin de la communauté de leur village.

un villageois descendant chaque jour la montagne pour aller au marché

Ensuite lorsqu’ils ont trouvé l’argent de la caution, ils peuvent se faire opérer, mais  l’hospitalisation et les soins médicaux côutent souvent 400,000 Franc Bur et plus, souvent ça va jusqu’à 800,000 FB. Impossible de payer, le patient est pris comme otage et doit rester à l’hôpital jusqu’à ce que la somme soit payée. Pendant ce temps le prix de son séjour continue à s’élever. Cela ne fait pas de sens. Il y a des patients qui nous disent qu’ils n’ont jamais eu 100,000 Franc bur dans leur poche de toute leur vie ! Les frais médicaux ici ne sont pas relatifs au salaire des pauvres. Les gardiens de notre maison où nous louons, gagnent 45,000 FB  ( = $34.00 canadien) par mois. Et ils font partie de la classe moyenne….. Ça fait réfléchir…

Nous faisons de notre mieux pour faire aussi les suivis post-opératoires. Les patients doivent être motivés à faire leurs exercices post-op , et encouragés aussi. Ils sont très fiers de nous démontrer leur progrès après quelques jours de séances d’exercices.

Danièle s’occupe de la Formation aux infirmières ( soins pré et post opératoires, soins des plâtres, administration des médicaments contre la douleur,etc.) et techniciens anesthésistes ( vigilance de demeurer dans la salle auprès du patient ! check list, salle de réveil )  et Christopher s’occupe d’enseigner les résidents, étudiants en médecine et chirurgiens généraux en salle d’opération. Tous,  personnel médical et étudiants semblent apprécier ces formations avec beaucoup d’intérêt. Le grand défi est de normaliser les techniques et les soins et que tout le monde fasse pareil. Surtout qu’il y ait une motivation de continuité. C’est un très grand défi à réaliser ici au Burundi. Mais petit à petit …. les choses vont changer. Il ne faut jamais perdre espoir . C’est un peu comme chez nous au Canada. Lorsque l’on essai de changer des méthodes ou habitudes dans le système de santé….ce sont de grandes revendications !! Il y a souvent beaucoup d’oppositions !!

 

Infirmier(es) et Techniciens Anesthésistes en Formation.

 

Nous avons installé cette semaine 2 Ilizarovs ( fixateurs externe circulaire) . Un qui était pour un patient de 42 ans avec une déformation de la cheville en équin. L’opération a débuté à 9 hre le matin et s’est terminé à 13 hres 35 en p.m. Toute l’équipe était très fière , c’était notre premier au Burundi !

En pleine concentration durant la pose du Fixateur Ilizarov

Le 2e , un autre patient de 42 ans, avec fracture tibiale . Son accident de moto datait du 23 octobre 2011 et avait été traité dans un plâtre …qui est devenu une pseudoarthrose infecté. Nous l’avons opéré dans l’hôpital privé de Bujumbura avec l’assistance du Dr. Antoine, et un personnel très peu participatif. Le technicien anesthésiste quittait tout le temps la salle d’opération et nous avions besoin  de lui et devions lui crier pour qu’il vienne. J’ai du me débrosser car le garot ne fonctionnait pas et  plein de petits problèmes ne pouvaient pas être réglé par l’infirmier qui circulait. Pour conclure le tout le patient a fait un choc ! Nous avons décidé de ne plus jamais opérer avec cet anesthésiste irresponsable !! Mais l’opération sur le patient a bien été. Le patient par contre est séro-positif , alors nous nous demandons dans quelle condition il guérira. Il y avait un très gros séquestre ( os mort)  dans son tibia, que nous avons évidemment enlevé.

 

Dr.A. Nifasha, chirurgien et François, infirmier après l'installation du Fixateur ilizarov

Lorsque nous ne sommes pas en salle d’opération , il y a les cliniques, les plâtres pour les bébés avec pieds bots par la Méthode Ponseti qui reviennent à chaque semaine, les visites aux patients, la préparation de notre matériel, la  préparation des cours pour la formation, la planification des chirurgies à venir , les courses et les amis….

 

Bien que nous soyons parfaitement  adapté  à la vie Burundaise, nous pensons souvent à notre chez nous , à l’hiver où nous  manquons de pratiquer le ski de fond et au bonheur de se retrouver sur notre terre au Lac Ste Marie ou bien au lac Simon  et d’avoir la chaleur  d’un bon feu de bois en faisant des tartes et de la soupe ! Et aussi  de fabriquer notre sirop d’érable. Finalement on réalise que nous voulons toujours être ailleurs où nous sommes ! Mais nous savons tout de même apprécier avec gratitude le moment présent  de la Vie Quotidienne au Burundi! C’est la Vie, parfois elle nous brasse , parfois elle nous berce. Mais toutes ces petites choses simples et émouvantes que nous côtoyons quotidiennement , ce sont elles qui rendent notre passion vivante et durable.

Danièle et Christopher

Quelques photos:

Dr. Xavier Poliquin, chirurgien et sa femme Michelle ( Tous les deux parisiens) qui travaillent à Ruyigi en mission . Aline qui est coordonnatrice à l'hôpital Rema.

 

Notre Belle Salle D'Opération à l'hôpital Prince Régent Charles à Bujumbura

En direction de Bururi , nous achetons nos bananes !

paysage sur la route avec vue sur le Lac Tanganyika

Fidéla, fillette de 6ans. Après réduction fermée avec broches sous anesthésie générale . Elle avait une fracture supracondylienne de l'humérus. Elle est super belle !!

 

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Ostéomyélite VS termites

Cette semaine, a été très productive en clinique et en chirurgies à Bujumbura malgré la chaleur.

Nous sommes revenus de Ruyigi satisfait de ce que nous avions accompli .Quelle belle semaine de travail et de fraicheur ! La température était magnifique.

En début de semaine, nous avons décidé d’aller visiter l’hôpital Prince Régent Charles de Bujumbura. Un de nos amis anesthésiste nous disait qu’il y avait beaucoup de malades indigents à cet hôpital en attente d’être opéré. Donc nous sommes allés sur rendez-vous rencontrer le directeur de l’hôpital Dr. Jean Bosco Nduwarngira qui nous a très bien acceuilli. C’est un Congolais qui est très dynamique et nous a bien expliqué les besoins en orthopédie de son hôpital.

Nous avons rencontré le médecin en chef de Santé publique, Dr. Chloé,  l’anesthésiste en chef, Angélique et l’infirmier en chef du bloc opératoire, Lin. Il y a deux chirurgiens qui y travaillent et qui font de l’orthopédie. Il y a Dr. Théophylle qui était parti au Rwanda, et Dr. Ma un Chinois qui était en vacances pour la semaine.

Ce qui fait que le bloc était complètement vide. Il y a 6 salles d’opération spacieuses et propres. Il y a peu d’équipements orthopédique, mais comme nous leur avons tous expliqué , nous avons notre propre équipement.

Après la visite du Bloc , nous avons été invité à faire une tournée des patients pour le lendemain matin.

C’est avec Dr. Gérard Cizungu, Congolais également, qui est médecin avec qui nous avons fait la tournée. Les départements de chirurgie où sont les patients sont bien organisés mais l’hygiène laisse à désirer. Ce n’est pas la faute du personnel qui y travaille ; c’est plutôt la nourriture que les patients laissent en dessous de leur lit qui attire les coquerellles et une bonne proportion des malades ont des plaies qui suppurent . Cet hôpital public est pour les patients les plus démunis.

La majorité des cas sont des ostéomyélites du fémur et du tibia chez des enfants , des adolescents et adultes qui sont au lit depuis des semaines et des mois. l’ostéomyélite fait tellement de ravage ici.  C’est une affection qui évolue et devient chronique  faute de traitement précoce et adapté. Même si on les opèrent  il y a souvent des récidives.

radiographie d'une ostéomyélite chronique

Radiographie d’un enfant souffrant d’ostéomyélite du tibia.

L’ostéomyélite est une infection d’un os ( la plupart du tibia ou fémur) par un staphylocoque, streptocoque  venu par voie sanguine. Chez les enfants, dans les cas sévères, elle peut atteindre le cartilage de croissance ce qui entrainent des troubles de croissance osseuse: raccourcissement de l’os, défaut d’axe et de la raideur du genou.  Il y a souvent des fistules qui sentent très mauvaises et qui coulent du pus continuellement. Ceci veut dire qu’il y a un morceau d’os mort en dedans qui agit comme corps étranger ( penser à une écharde) et qui cherche à sortir. Ce morceau d’os mort s’appelle un séquestre et souvent nous devons l’enlever par chirurgie. Une complication grave d’ostéomyélite est une fracture pathologique, fracture qui ne guérit habituellement pas. Dr. Jean -Marie à Ruyigi nous  a dit qu’il était fasciné par l’ostéomyélite;Il nous a fait une belle comparaison: ça ressemble à des trous de termites dans le bois ! C’est l’exemple parfait. Mais c’est tragique car cela affecte  particulièrement les enfant qui deviennent alors infirmes pour la vie sans que cela soit  leur faute ou leur choix de vie.

enfant de 7 ans , ostéomyélite avec fracture pathologique

Enfant de 7 ans souffrant d’ostéomyélite. (radiographie plus haut)

La vie semble pour ces patients la peine d’être vécu pareil. C’est triste et déprimant de voir ces enfants dans un lit qui ne peuvent aller à l’école parce que l’ostéomyélite les ont atteint.

Aussi nous avons vu un patient qui souffrait de filariose (elephantiasis), il nous suppliait avec ses yeux de le sortir de ce cauchemar. Ce sont de Parasites filaires  qui se transmet à l’homme par des moustiques.

filariose

Aussi nous avons opéré un patient qui avait une luxation négligée de l’épaule depuis novembre 2011. Il était venu à ce moment mais n’avait pas l’argent pour payer la caution à l’hôpital pour faire réduire sa fracture. Pourtant cela aurait été si simple à faire à ce moment. Il revient cette semaine et avait pu trouver l’argent par son oncle qui a payé 200,000 Franc bur pour la caution et les soins médicaux après l’opération. Nous l’avons opérer et fait une réduction ouverte, deux mois et demi après !

luxation négligée de l'épaule  depuis novembre 2011

Claver, luxation négligée de l’épaule depuis 2 mois et demi

Le CMCC ou nous travaillons la plupart du temps est en grande rénovation et construction. Les 2 salles d’opération vont être équipées de deux nouveaux appareils d’anesthésie . Un que nous apportons et un autre reçu du Canada en ColombieBritanique. Les anesthésistes sont très exités d’avoir des appareils modernes et sécures pour les patients. Beaucoup de choses s’améliore et sont en train de se concrétiser. Le directeur de l’hôpital Euloge et sa femme Aline sont très présents et s’occupent beaucoup du Centre . Ils ont une écoute attentive des besoins et essaie de faire leur possible avec peu de moyens.  C’est un couple extraordinaire.

Petite anecdote: l’infirmier du bloc va se marier en juin. Il a travaillé fort pour acheter les 2 vaches qu’il doit donner à la dote de sa belle-famille. Il nous a dit que chaque vache coûtait 700,000 Franc bur (environ 650.00$ can) !! C’est très très cher , nous -a-t-il dit !

Et puis nos 47 boites sont arrivés !!  Elles sont maintenant à l’aéroport attendant le dédouannage. Nous en sommes vraiment heureux.

Bonne semaine,

Danièle et Christopher

 

 

 

 

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NOTRE SEMAINE À RUYUGI

Afin de fuir un peu la chaleur de Bujumbura,  nous sommes allés travailler à Ruyugi, petit village sympathique à l’est du pays. L’hôpital qui a été construite par Maggy Barankitze dont la noble vocation , était de soigner les gens du Burundi et les gens en bordure de la Tanzanie. Son œuvre continue toujours.  Son ambition et sa  détermination de ce projet rural a fait d’elle une femme connue mondialement , car tout a débuté en 1994 lors de la guerre civile ou elle a décidé de prendre soin et d’acceuillir chez elle les enfants orphelins de la guerre.

Un chauffeur nous a pris chez nous avec notre matériel  que nous apportions pour faire des chirurgies pendant toute la semaine.  Notre entente avec l’hôpital  est d’aller soigner les malades une semaine à toutes les 3 semaines.

C’était un grand plaisir de faire le voyage pendant 3 heures à travers les montagnes et les plantations de thé, de bananes et aussi les rizières. Les paysans sont toujours aussi acceuillants de nous voir et à notre passage ils nous envoient la main avec leur grand sourire.

La route s’est beaucoup amélioré depuis notre dernière visite l’an dernier. Les trous qui s’y trouvaient ont été remplis, et c’est beaucoup plus agréable de rouler.

A notre arrivée à Ruyugi, nous avons déposé notre matériel à l’hôpital. En revenant à notre hotel,  juste après la tombée de la nuit, nous avons eu le malheur de frapper un homme  qui s’est propulsé devant le camion; pourtant notre chauffeur conduisait  très prudemment.  Un son de frappe qui donne mal au coeur et nous croyons au pire… Lorsque nous sommes sortis du camion, il était prostré, sans connaissance. Nous l’avons transporté dans le camion et nous nous sommes précipités vers l’hôpital.  Arrivé à l’urgence nous avons constaté qu’il avait consommé de la bière en quantité considérable. Mais à part d’être ivre, il  n’avait rien de sérieux, heureusement.

Lundi matin 8hre30 nous sommes à l’hôpital et avons fait la tournée des patients avec Dr. Thierry  et Dr. Jean-Marie. Nous avons fait un  programme pour la semaine. Beaucoup de défis nous attendaient. Des cas intéressants  où nous avons passé le reste de la semaine à opérer. Voici quelques cas:

Solange, 12 ans avec une ostéomyélite chronique du fémur distal droit , arthrite septique du genou et luxation septique de la hanche ; les arthrites sont presque certainement tuberculeux selon Jean-Marie. Un traitement anti-tuberculeux a été débuté et la patiente mise en traction.

Dr. Jean-Marie et l’ostéomyélite

Odette, 36 ans, avec malunion de fracture bi-malléollaire de la cheville. Des ostéotomies correctrices furent réalisées .

Cyriaque, 23 ans avec une fracture de fémur. Il a reçu un clou verrouillé de SIGN. La réduction de cette fracture a été particulièrement longue et difficile ; par contre le résultat  devrait être excellent.

En pleine action " Clou de SIGN"En plein action « Clou de SIGN »

Mercredi matin, nous avions planifié une chirurgie de malunion de fracture de la hanche. Ce patient est venu de Bujumbura pour se faire opérer à Ruyugi parce que c’est le seul endroit dans le pays où il y a la fluroscopie (machine qui donne des images radiologiques en temps réel).  Malheureusement , après installation du patient sur la table de traction ( ce qui a pris beaucoup de temps car la table est vieille et brisée) nous avons constaté que la fluroscopie ne donnait des images que dans une seule projection. Donc , impossible de faire la chirurgie. Le patient attend depuis plus de 6 mois d’être opéré. Il avait été hospitalisé dans deux autres hôpitaux avant de nous connaître mais personne n’avait pu soigner sa fracture de tibia et de la hanche. Nous avons opéré son tibia à Bujumbura et  avons décidé de le transférer à Ruyugi pour faire sa hanche. Tout le monde était très décu par cette tournure d’évènements mais nous allons trouver une autre solution, c’est certain.

Autre cas : Femme battue par son mari. Elle est venue à l’hôpital avec des fractures des deux avant-bras du radius et cubitus. L’histoire est que cette femme voulait payer pour son enfant des frais de scolarité et son mari lui avait défendu car l’argent était pour la bière!! Il l’a battue avec un bâton mais en se protégeant le visage ce sont ses deux avants-bras qui ont été fracturés. Il faut croire qu’il y a de la violence faite aux femmes partout dans le monde. Nous avons réparé ses fractures avec des plaques et vis ( c’est à ce moment que nous avons commencé à manquer de longueurs appropriées de vis, nous devions les couper chacune à la longueur désiré avec un coupe broche.)  Aussi nous avons mis des plâtres pour 6 semaines. Nous avons demandé à Maggy , de la Maison Shalom si il y avait des recours ici pour les femmes violentées. Elle nous a sourit en négation.  Ce n’est pas le premier cas que l’on voit au Burundi.

Jean-Marie 22 ans, étudiant en médecine avait une tumeur osseuse au fémur qui était à  risque de causer une fracture de sa hanche. Après consultation par E-mail avec Dr. Robert Turcotte , spécialiste en tumeur osseuse à Montréal, nous avons décidé de faire un curetage et greffe osseuse. Tout a bien été; nous avons été surpris de voir l’abondance de tissus tumérale qui semble être tout de même bénigne.

Ezechier,  9 ans, fracture ouverte infecté du fémur par balle. L’histoire est que des voleurs sont venus chez lui car ils ont su que la famille avait vendu une partie de leur terrain et s’attendaient de trouver de l’argent. Il n’en ont pas trouvé et, en colère , ont tiré sur la mère et l’enfant.

Jeudi en fin de journée nous avons été appellé à l’urgence pour voir un jeune homme avec fracture ouverte et infectée de son fémur. Il s’est révélé que ce patient descendait la montagne en vélo, (après avoir fait une livraison de marchandise) quand les freins ont fait défaut. Ils étaient deux sur le vélo et le conducteur a perdu la vie. Le patient a visité au moins deux autres hôpitaux sans pouvoir trouver de l’aide avant d’arriver chez nous à une semaine après l’accident. Sa cuisse était gonflée comme un ballon et la plaie dégoulinait de pus à coté de son os qui sortait du trou dans sa cuisse. Nous l’avons acheminé au bloc aussitôt, avons fait un bon nettoyage, réduction de fracture et installation de fixateur externe. Nous gardons l’espoir qu’il va conserver sa jambe si l’infection réussit à être contrôlée. Hubert et son amie étaient présents à la chirurgie et ont trouvé cela très intéressant même si c’était la première fois.

Vendredi nous avons fait une ostéosynthèse d’une tête radiale pour fracture/luxation du coude, une ROFI ( réduction ouverte avec fixation interne) d’une fracture du radius distal et une autre ostéotomie d’une malunion de fracture de la cheville.

Il n’y avait pas assez de temps pour faire une femme avec une vielle luxation du coude négligée, un homme avec tumeur (sarcome probable) du thorax et un autre homme avec un carcinome du pénis. A la prochaine visite!

Si vous pensez que nous n’avons rien fait que de travailler, manger et dormir,  vous avez parfaitement raison.

Hier soir le président du pays a rendu visite au village et il a couché dans la même petit hotel ou nous étions hébergé. Arrivé tard de l’hôpital, hier soir l’endroit était entouré de véhicules, de soldats et de police, même son cuisinier était là à préparer son repas. Au fait, c’est la seule personne à qui nous avons pu parler. Certain résidents de l’hôtel ont été chassé de leur chambre et nous avons eu de la difficulté à avoir notre repas de soir. Une petite aventure qui nous a fait sourire.

Pour cette nuit nous avons bien dormi :Entouré de soldats, les chiens ne hurlaient pas et les musulmans n’ont pas dit leur prière à 4hre30 le matin. C’était d’un calme plat. Drôle de coincidence !

Cet après midi nous revenons de Ruyugi. Demain est notre jour de congé. Nous comptons aller à la plage avec Hubert,  nous amuser un peu et préparer notre semaine qui s’en vient.

Danièle et Christopher

 

 

 

 

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Semaine au CMCC à Bujumbura

Une fois encore, le CMCC ( Centre Médico-Chirurgicale Chrétien) nous a acceuilli avec une grande hospitalité. Beaucoup de changements ont été apportés et sont en cours de route depuis notre dernière mission de janvier 2011.

Ils ont construits des chambres individuelles,  réaménager le bloc opératoire avec 2 salles de chirurgie fermées et des vestiaires, salle de bain et douche. Le bloc est maintenant zone « propre » et personne ne rentre dans l’unité sans ses souliers crocs, masques, chapeaux et tenue de chirurgie. C’est un grand changement pour tout le personnel. Le Centre aura une bonne réputation et acceuillera beaucoup plus de patients hospitalisés. Nous avons effectué 9 chirurgies à date et vu des patients en cliniques . Le personnel est très motivé pour apprendre de nouvelles techniques et recevoir de la formation. Nous donnerons des séances et les thèmes varieront comme apprendre à  plier des champs stériles, apprendre à  plier des blouses  et comment organiser une table d’instruments de chirurgie. Des formations seront données aussi sur les « check list » aux infirmières et aux anesthésistes. Il n’y a rien qui existe présentement en pré-opératoire et en post-opératoire. Tout le personnel est très ouvert et intéresser à améliorer les standards du CMCC. Ce sera un grand avantage pour eux. Nous voudrions que ce centre de Bujumbura devienne un centre de qualité ou les normes sont pratiquées  de façon impeccable. On rêve? mais on pourrait y arriver avec la volonté et le vouloir de chacun.

Il y a Dr. jean-Claude Nyondiko, chirurgien qui travaille au CMCC depuis le mois d’août tous les mardis et jeudis. Les autres jours il travaille à sa clinique privé et à l’hôpital Roi Kalhed.

Nous attendons toujours nos 47 boites qui ne sont pas encore arrivées. Nous commençons à nous impatienter, car nous manquons de matériel pour faire les chirurgies. Nous voulons transféré des patients à l’hôpital REMA à Ruyugi pour pouvoir bénéficier de la fluroscopie qu’ils ont obtenu par une donation de l’Europe. La fluroscopie est un appareil de radiographie en temps réel que nous utilisons pendant une chirurgie complexe , comme celle de la  hanche. Nous travaillerons à Ruyugi une semaine à toutes les 3 semaines avec le Dr. Thierry Mako.

Tout démarre pour le mieux avec l’équipe  et notre énergie est là pour débuter une nouvelle mission de 5 mois, différente de l’an passé mais qui sera encore des plus enrichissantes.

Nous attendons aussi de la visite: des amis et des collègues qui viendront se joindre à nous.

À bientôt,

Danièle et Christopher

 

 

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