Accomplissements 2010-2011

Photo: Technique du SIGN nail ( clou verrouillé intra-médullaire)

De janvier 2011 à mai 2011, Christopher et sa femme Danièle , Dr. Jean-Claude Niyondiko et Dr. Antoine Nifasha ainsi que  Barnabé ont travailler pour débuter  le projet  et l’équipe a été complété par Dr. Eissa orthopédiste ainsi que pour une période de deux mois avec Nicole , travailleuse sociale, Emilie et Mélyna tous deux nouvellement diplomées infirmières.

Juste avant de quitter le Canada nous avons envoyé par avion 21 boites de matériel chirurgicaux que nous avions reçu  comme donation du Canada. Nous avons également acheté 7 boites d’équipements  orthopédiques d’une compagnie en Inde. Le plus important était le clou de SIGN que nous avons transporté dans nos bagages. Ce clou est pour le traitement des fractures de fémur et tibia que nous avons obtenu du Dr. Zirkle, chirurgien orthopédiste et ingénieur qui a inventé le clou pour utilisation dans les pays pauvres. lien: www.sign-post.org

Avec tout ce matériel, nous avons pu assembler plusieurs boites d’instruments et implants. Chaque boite ayant une propriété spécifique à une chirurgie. Ex: il y avait 2 boites pour fixation de petits fragments et 2 boites pour fixation de large fragments et aussi 2 boites pour le clou Intra-médullaire, etc, etc .

Chaque boite était enveloppé et stérilisé, toujours prête à être utilisé. Toutes les boites étaient mises dans une réserve à l’hôpital où la plupart du temps nous y travaillions. Mais souvent, aussi nous devions les transporter dans notre voiture, lorsque nous allions travaillé dans d’autres hôpitaux.

Nous étions basés dans la capitale de Bujumbura où nous avons travaillé dans 3 hôpitaux différents, mais parfois nous visitions d’autres hôpitaux à l’intérieur du pays ( Bururi, Ruyugi, et Gakwende un centre d’enfants handicapés.)

Dans chaque centre nous avons vu les patients à la demande des médecins ou chirurgiens sur place, et si une chirurgie était pertinente pour eux, ils étaient opérés dans un cours délai en compagnie du chirurgien local. Ainsi nous avons effectuer  plus de 150 chirurgies incluant 31 clous de SIGN.

Lorsque nous sommes arrivés à l’hôpital universitaire à Bujumbura, nous y avons trouvé beaucoup de jeunes patients, victimes d’accidents de la route, alités depuis des semaines ou des mois , parfois mis en traction ou parfois simplement avec une attelle. Leurs fractures de tibia ou fémur étaient en train de guérir dans une mauvaise position, raccourcies et mal alignées. Leurs genoux étaient devenus raides et leurs muscles affaiblis. Quelques-uns avaient des plaies infectées communiquant avec leur fracture. Ces patients étaient en train de devenir des handicapés permanents . Si ces patients avaient reçus un traitement moderne, tôt après leur blessure, ils auraient pu dans la plupart des cas se réhabiliter avec un retour de fonction normale.

Pourquoi ces patients ont-ils été laissés dans une telle condition? Il y a plusieurs raisons: les salles d’opération sont très mal équipées pour faire la chirurgie orthopédique et presque tout ce qui est nécessaire pour faire un bon travail est manquant.

Les chirurgiens sont des chirurgiens généraux qui ont une formation variable, mais souvent inadéquate en chirurgie orthopédique. La raison principale, est que la majorité des patients sont pauvres et sont obligés de payer chaque service qu’ils reçoivent à l’hôpital, (pansements, médicaments, solutés, sutures, radiographie) tout est rajouté à la facture. Le coût d’une chirurgie orthopédique ( équivalent à $200. – $500. dollar canadien) est complètement hors de prix pour eux. Ils n’ont jamais plus de $10. ou $20. dollars dans leur poche. Pour obtenir de l’argent ils doivent faire appel à tous les membres de leur famille afin qu’ils contribuent avec de l’argent ou sinon peut-être vendre une parcelle de leur terre. Ce qui leur fait très mal , car leur terre est sacrée; elle dépend de la survie de leur famille.

Lorsque nous avons été introduit à l’administration de l’hôpital universitaire , nous avons été bien acceuillis, sans hésitation.  L’administration a décidé que nous travaillerions avec un chirurgien qui avait un intérêt spécial en orthopédie et que nous pourrions opérer 3 jours par semaine. Nous avons eu l’opportunité d’avoir une petite réserve pour y entreposer nos boites stériles et matériel orthopédique. Nous avons pu constater au fur et à mesure que nous y travaillions,  qu’il y avait un grand manque d’efficacité à la salle d’opération. Ex: après 14 hre de l’après-midi,  les anesthésistes n’étaient plus disponible pour travailler et il s’avérait très difficile de continuer de  faire les chirurgies, car il était presque impossible de trouver quelqu’un pour donner l’anesthésie. Interrogés sur ce fait, la reponse était: « Pour ce qu’on me paie, pourquoi devrais-je travailler plus fort? »

En fait, le sous financement des hôpitaux par le gouvernement qui semble attacher très peu d’importance aux soins de santé est la source principale de l’état disfonctionnel des hôpitaux publics.

Nous avons travaillés dans 2 autres hôpitaux à Bujumbura, qui étaient des institutions privées. Une pour les pauvres et la classe moyenne, l’autre pour les gens riches. Le premier ( CMCC) était notre favori. Le personnel était très travaillant et dévoué, même si leur salaire était moindre que dans  l’hôpital Universitaire.

Souvent les fins de semaine, nous allions à Bururi, une petite ville dans les montagnes à 2 heures de route de Bujumbura. Il y a une équipe de médecins Egyptiens qui y travaille depuis 3 ans. A cet endroit , nous avons opéré des cas que le jeune orthopédiste , Dr. Eissa gardait pour nous, car il en manquait de matériel. Après le travail nous profitions de la température fraiche en montagne , de la nature , des promenades dans la jungle et la bonne compagnie de nos hôtes Egyptiens.

Nous avons aussi fait 2 visites à Ruyugi à l’intérieur du pays, où nous avons travaillé à l’hôpital REMA , un bel hôpital propre, moderne et bien équipé. Cet hôpital a été construit il y a 3 ans avec des dons Européens. Nous avons été impressionnés par l’efficacité et le dévouement du personnel ainsi par la politique de l’hôpital de traiter tous les gens sans tenir compte de leur capacité de payer. Cet hôpital  entouré de montagnes a un décor spectaculaire. Chris et moi allions marché loin dans les petits sentiers que nous escaladions et parfois on pouvait rencontrer des gens qui y marchait des kilomètres pour se rendre à leur petite maison dans la montagne. Nous avions une vue spectaculaire sur les montagnes de la Tanzanie. Nous nous arrêtions à un puits pour se rafraichir et les gens nous regardaient avec surprise. Les enfants n’avaient probablement jamais vu de Blancs. C’est par un gros orage que nous sommes revenus en descendant les montagnes pendant quelques heures . Nous étions si trempés que Danièle a souffert d’hypothermie !!! Quel aventure !

Nous espérons  travailler plus souvent à l’ hôpital de REMA à Ruyugi lorsque nous y retournerons en novembre 2011. Nous avons beaucoup aimé notre expérience là-bas. Le travail, la vie sociale, la bonne nourriture locale, l’air frais , la beauté du paysage. La belle vie simple . Quoi demander de plus!

Pendant ces 4 mois au Burundi, nous avons effectué un grand nombre et une grande variété de chirurgies et procédures orthopédiques, incluant le traitement du pied bot chez les bébés (Méthode Ponseti), réparation de tendons , traitement non  union et mal  union de fractures, drainage et irrigation des articulations infectées, chirurgies de la hanche fracturée, opération pour ostéomyélite chronique , réduction ouverte de luxation négligée du coude, hanche et épaule, réparation de blessures de pied et de la main, traitement de plaies par balles, traitement des blessures des articulations et fixation des fractures des os long par plaques et vis ou avec des clous intra-médullaires. Pour ces derniers, nous avons utilisé 31 clous de SIGN. Ce clou a été conçu pour être utiliser dans les pays pauvres, parce qu’il ne nécessite aucun équipement sophistiqué et donne des excellents résultats. Pour chaque clou posé nous devons envoyé un rapport par internet au siège social de SIGN à Richland, dans l’état de Washington, USA. Chaque rapport que nous avons envoyé était commenté par Dr. Zirkle. Ainsi, à chaque  20  clous utilisés de notre matériel  , SIGN nous envoyait des remplacements de clous gratuitement.

Plusieurs des fractures que nous avons traité dataient de plusieurs semaines ou mois. Les chirurgies étaient parfois difficiles avec beaucoup de défis, mais les résultats ont été gratifiants. Le clou de SIGN a donné d’excellents résultats, avec un haut taux de guérison et très peu d’infections .Nous avons fait presque toutes  les chirurgies avec le chirurgien  ou le resident (chirurgien en formation) . Ainsi nous avons eu l’opportunité d’enseigner des techniques chirurgicales . Lorsque c’était possible, le chirurgien Burundais faisait une partie ou bien toute la chirurgie sous surveillance. Pour nous ceci était primordial , car à la fin de nos 4 mois dans le pays, nous allions leur laisser tout notre matériel pour assurer une continuité.

Dr. Christopher Carter et Dr. Lewis Zirkle au réunion annuelle de SIGN à Richland, WA.

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